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ou guillaumegabriel@cie-koubi.com
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Un projet de film documentaire de Stéphane Chazelon et Patrick Séraudie
Pyramide Production
«L’artiste : qui est-il ? D’où vient-il ? Que peut-il
apporter à son art et au monde ? Quelle contribution offre-t-il à
l’Histoire ? Et après lui, que restera-t-il ? Quelles traces de
lui-même et de son travail aura-t-il laissées, de quelle manière
et sous quelle forme ? Tout est histoire de traces…
Une histoire de traces nous raconte le parcours singulier d’un jeune chorégraphe
à l’aube de sa carrière : Hervé Koubi. Au travers
de ses spectacles, de ses voyages, de ses rencontres, à la manière
d’un "road-movie" autour du monde, nous le suivrons pas à
pas aussi bien dans son processus de création que dans sa quête
d’identité.
L’idée est de raconter l’itinéraire d’un jeune
chorégraphe qui, dès le départ, a souhaité construire
son travail autour d’une problématique essentielle à ses
yeux : la Trace.
Mais de quelle trace s’agit-il ? La sienne ? Celle des autres ? Celle
qu’il suit ou bien celle qu’il laissera ? Est-ce là d’où
il vient ? Par où est-il est passé ? Ce qui l’a guidé
ou construit ? Ou peut-être est-ce ce qu’il vit aujourd’hui,
ce que les autres lui donnent comme matière à jouer, à
danser… Enfin, cette trace pourrait-elle être le chemin qu’il
dessine jour après jour, au gré de ses expériences et de
ses rencontres ? Serait-ce cette ligne qu’il imagine sur une carte, qu’il
crée et qui, finalement, restera pour les autres, en espérant
qu’ils aient envie de l’emprunter ?
Au fond, qu’est-ce que ce jeune chorégraphe, encore à l’aube
de sa carrière, mais avec pourtant un bagage bien rempli, artiste déjà
connu, tout juste reconnu, veut-il laisser ?
Dans son travail, Hervé Koubi tente de répondre à ces questions
: cette trace, dit-il, est le fondement de sa danse, ce qui la nourrit. Il en
devine les courbes, les lignes, les va-et-vient sur la scène ; il imagine
les multiples routes qui se croisent et s’entrechoquent parfois, les voies
sans issue, les chemins de traverses, les rues sombres et les grandes avenues…
Au travers de cela, nous parlons du travail d’un artiste et du processus
de création : démarche et méthodologie, introspection et
rapports aux autres, restitution et retranscription des émotions, des
joies, des peines, des rencontres, des douleurs… …
Et la finalité de tout cela ? Expliquer pourquoi et comment l’art
chorégraphique peut ou doit laisser sa trace quelque part. Certains arts
laissent traces derrière eux : la peinture, la musique, la photographie,
la littérature, le cinéma… Leur « cartographie »
existe, elle est codée, réglée, leur langage peut s’écrire
et le support est pérenne : dessin, partition, pages d’écriture,
pellicule...
Mais qu’en est-il de ces arts que l’on qualifie de «vivants»
? En théâtre ou en danse, comment fixer l’épreuve
et l’émotion du moment ? Comment en conserver une trace ? Quel
support peut se faire mémoire de l’éphémère
?
Hervé Koubi n’a de cesse de réfléchir aux moyens
de «rendre compte», de traduire, de restituer sur scène ce
qui enrichit sa vie au quotidien. Il essaye d’exploiter cette matière
qui alimente ainsi de façon permanente son processus de création.
C’est en cela qu’il nous a semblé intéressant de suivre
« la trace» de cet homme qui puise au plus profond de son corps
et de son esprit l’inspiration et le sensible : il nous faut le découvrir,
en pleine introspection, en même temps que la vie de sa compagnie, au
fil de ses collaborations et échanges avec des danseurs rencontrés
aux quatre coins du monde et révélés sur scène.
Car de là naît la danse : il s’agit, pour l’artiste,
d’un point de départ vers un processus intellectuel qui aboutira
finalement à une création, trace essentielle, évidente,
indispensable, vitale… avec, au centre de ce langage chorégraphique,
l’Humanité toute entière.»
Stéphane Chazelon - Alain Séraudie - Extraits de notes d’intention
- Limoges - septembre 2009